まこと の ブログ

MaKoTo no burogu — Journal de bord…

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Société sexiste

Depuis bien longtemps en France, les écoles sont mixtes, c'est un fait…
Les deux sexes partent donc sur les mêmes bases d'éducation, et pourtant les chemins vont se séparer.
Ce clivage hommes/femmes, je l'ai vécu et je le vis au quotidien :

- École maternelle les jouets sont mélangés, on joue avec tout le monde à ce qu'on veut.
- École élémentaire et primaire je jouais avec les filles à l'élastique, la corde à sauter, tout ça ^^, pendant que les autres gars jouaient au… foot, évidemment.
Dans le même temps il m'arrivait de jouer à la poupée avec mes cousines, et pas juste pour mater barbie à poil…
- Au collège j'étais déjà geek ST Seiya et jeux vidéo SEGA/Nintendo, ce qui n'empêchait pas la mixité dans les relations de rester bonne.
- Au lycée… catastrophe :

La conseillère d'orientation s'est étonnée que je veuille, de mon plein grès, intégrer le lycée technique[1], alors que : « Tes notes ne sont pas si mauvaises !», mais j'étais loin d'imaginer ce désert… 1 à 2% de filles, et sans compter celles qui quittaient la filière en cour de route.
- Après Bac, BTS Électronique, idem.
- Monde du travail, idem.
Une fois installé dans une filière technologique, c'est fini, on n'y croisera plus jamais le sexe opposé de toute sa carrière…
Et là tu te dit, « Ok, les filles ne s'intéressent à rien… Pas possible autrement de se couper volontairement d'une telle diversité de métiers passionnants ! »
Perso, j'ai trouvé ma voie, car j'aime comprendre ce qui m'entoure;
Démystifier la technique rend la vie plus intéressante et permet de prendre le contrôle sur le monde, de garder l'esprit ouvert.
Mais alors que font-elles à la place ?
Des métiers stéréotypant ?
Et moi finalement, j'aurais bien le rôle que la société m'a attribuée inconsciemment, l'homme qui saura s'occuper des tâches d'homme à la maison, car les femmes ne s'y intéresseraient pas.
Pourtant les femmes ne sont pas intellectuellement inférieures, on n'est plus au siècle dernier, où l'on (les hommes) imaginait qu'elles ne pouvaient pas penser par elles-mêmes !
Je me lève donc le matin pour aller faire mon métier d'homme.
Les femmes vont faire le leur.
Parfois des métiers sont communs… et de plus, certains métiers ont déjà été colonisé avec succès par les femmes.
Tout va bien non ?
Ou alors aurais-je été manipulé ?

Et puis tiens, les média s'intéressent au sujet…

Cela faisait un bout de temps que j'en parlais de-ci, de-là, c'est une occasion pour se reposer les questions que quelques média se posent depuis quelques mois, histoire de faire bonne figure…

Pourquoi si peu de femmes « expertes » sur les plateaux TV ?
Pourquoi si peu femmes aux postes clefs dans l'entreprise ?
Pourquoi si peu femmes scientifiques ?
Pourquoi si peu de femmes en politique ?
Etc…


Quelques pistes de réflexions :

On pourra tergiverser des heures avec de beaux discours autour d'une non-égalité due à la dominance masculine ancestrale, la société patriarcale du 19iéme et autres considérations sexistes, toujours est-il qu'ici, la bonne question n'est simplement par posée !
Je reformule : « Pourquoi si peu de femmes dans les métiers dit Techniques ? »
Car les médias auront beau chercher ces femmes, il ne les trouveront pas, non par sexisme, mais par ce qu'elle n'y existent quasi pas.
Bien sûr dans les différents secteurs techniques on retrouve quelques femmes.
Le chercheur aura ses laborantines.
Et le grand couturier ses petites mains.
Étonnant non ? Il semble pourtant qu'on envoie les filles en BEP couture et pas les garçons…
Tiens… Inversion des rôles dés qu'il s'agit de récolter les lauriers.
En effet, rares sont les femmes qui accèdent a de hauts statut.
Mais ce n'est pas l'important pour moi… Ce n'est pas prioritaire,
Ce qui compte c'est de constater que dans les métiers techniques de «base», ceux qui font tourner le monde, il y ait très très peu de femmes, et ceci implique alors directement leurs non représentativités aux postes clefs, puisqu'elles n'auront pas pu évoluer dans leur métier, ni développer une culture technologique.

20min20111215PAR.png La feuille de choux 20minutes s'interroge à propos des femmes ingénieurs… Normal, la cible publicitaire de ses papiers sont les cadres jeunes et dynamiques… Mais, et les autres ? N'existent-Elles pas ?
On parle aussi souvent de la difficulté pour les femmes, à des postes de responsabilités de diriger des hommes dans leur « monde d'homme »… Mais si les femmes peuplaient déjà à 50% ce monde, ça irait peut-être mieux.

Quelques hypothèses :

  • N°1 : cette différence est le fruit du hasard.

heu non, pas vraiment…

  • N° 2 : cette différence est due à une action (volontaire ou non) favorisant une majorité écrasante de mâles dans les métiers techniques.

Éducation, jouet, culture et loisirs sont sexistes, à un point tel qu'on ne s'en rend plus compte, c'est finalement si naturel, et pourtant si aliénant :

L'orientation scolaire fait aussi son œuvre… par exemple, voici celle qu'on me présentait à mon époque, fin de collège :
- Tu es bon en math, tu vas en filière S, tu vas en fac ou iut faire des math, tu y arrives tu choisis ton métier, sinon tu feras balayeur.
De fait tu est un garçon, car les filles sont nulles en math.
- Tu es bon en Français, tu iras en filière L, tu vas en fac d'histoire et tu fais prof, ou tu rate tes études pour finir caissière.
De fait tu est une fille, car les garçons sont moins bon en Français.
- Tu es mauvais en tout et tu es un garçon, on t'envoie en BEP patissier, boulanger, electricien, …
- Tu es mauvais en tout et tu es une fille, on t'envoie en BEP couture, secrétariat, gestion, …

  • N° 3 : cette différence est normalement sexiste, les trucs d'hommes n'intéressent pas les femmes.

Parlons de cette chère pression sociale qui prône le clivage,
<boucle>
Les femmes restent dans leur monde de femme et entretiennent la culture sexiste inconsciente.
Les hommes font de même.
En ressortent alors des stéréotypes qui amplifient le phénomène + Transmission/éducation aux enfants.
Résultat, des femmes qui n'osent pas, ne savent pas se projeter dans ces métiers, par méconnaissances et désintérêt dû à l'éducation, la culture, l'orientation, les loisirs…
</boucle>.

J'ai encore enfoncé des portes ouvertes…
Peut-être que grâce à internet, avec la possibilité pour les femmes d'obtenir et de s'intéresser à pleins d'aspects de ce monde technique passionnant, au moins culture et loisirs casseront le cercle vicieux…
Cependant quand je vois que se répète les mêmes schémas sur internet…
Suffit de voir les sujets abordés sur les blogs et forums « girly », pour continuer de s'inquiéter.
Et je ne parle même pas des réseaux sociaux, oui bah tiens j'en parle pas, vu que je n'ai rien à y faire… Ici je suis libre.

  • cqfd, quand on a un problème, c'est comme pour tout, faut s'attaquer à sa racine, et ne pas faire de la politique en s'attaquant aux branches pour faire joli.

On aura beau y aller de sa petite loi de quota de femmes, s'il n'y a personne à caser un face, à quoi bon…Mieux vaut revoir l'éducation et faire évoluer les mentalités
Il semble néanmoins que cela évolue lentement dans le bon sens…

Note

[1] filières : Mécanique, Électronique, Électrotechnique, Informatique industrielle, Automatisme, etc…

Commentaires

1. Le lundi, 16 avril 2012, 14:02 par Samael

Très bon billet qui s'il ne permet pas d'apporter de réponses (y'en a t-il une autre que l'inertie de la société ?) permet au moins de faire un petit "up" sur ce sujet trop souvent oublié.

Pour avoir fait une école d'ingé en électronique je connais bien aussi ce ratio hommes/femmes bien loin de la parité et on le retrouve aussi logiquement dans les entreprises.

Ta réflexion sur les blogs girly me rappel un article que j'avais lu à propos de cette nouvelle "mode" et de la mises en avant des femmes auteures ou dessinatrice. Une dessinatrice parlait du refus de son éditeur face à ses propositions de sujet sérieux avec des remarques du type "Ok si tu veux faire une femme avec des supers pouvoirs mais il faudrait qu'elle s'en serve pour faire les courses ou s'occuper des enfants etc".

Mais ils ne faut pas oublier une chose : il y a à peine une cinquante d'année qu'on considère la femme comme étant l'égale de l'homme (sauf pour porter des choses lourdes faut pas pousser non plus ^^). Preuve en est les articles du code civil sur le mariage (cf http://histoireenprimaire.free.fr/r...) . J'adore la version XIXème du 213 :-)

Si dans les filières technique ont est actuellement à 2-3% de femmes, ok c'est peu, mais quel était le pourcentage il y a 50 ans ? Certainement très proche de 0. Sauf qu'à l'époque cela ne choquait personne. Le problème s'est "révélé" lorsque les femmes sont passée d'absente à minoritaire. Dans un groupe uniforme on ne remarque pas les absents mais si on introduit un élément non uniforme on le remarquera.

Bref tout ça pour dire que le problème de la parité est relativement nouveau et que l'indicateur à surveiller est moins l'actuel pourcentage de femmes dans certaines filières que l'évolution de ce pourcentage dans les années/décennies à venir.

PS: J'en profite pour te féliciter pour ton blog (découvert suite à la conf Hadopi vs licence globale) et toutes tes réalisations qui me laisse à chaque fois béa d'admiration. Et en plus tu semble avoir bon gout en matière de manga ;-) Bonne continuation et au plaisir de se croiser un jour.

2. Le mardi, 17 avril 2012, 20:45 par MaKoTo

Merci, et content que le contenu que je partage ici continue de te plaire ^^
Très bien le pdf d'extrait du code civil !
Effectivement, à 0 ça ne choquait personne, sans doute à cette époque où les écoles était séparées, avec des programmes scolaires communs aux filles et aux garçons, sauf pour l'enseignement manuels, les garçons étant initiés aux travaux du fer et du bois quand les filles apprenaient à coudre, tricoter et entretenir le linge.
J'imagine que depuis l'école mixte, le clivage s'amenuise peu à peu, mais on n'a pas fait beaucoup de chemin depuis 1957…
L'inertie de la société et des mentalités est sacrément lourde.

3. Le mercredi, 18 avril 2012, 09:40 par Samael

> L'inertie de la société et des mentalités est sacrément lourde.

Le seul moyen de "casser" cette inertie ou tout du moins d'accélérer ce changement est d'éduquer est d'instruire correctement les jeunes enfants, et ça le plus tôt possible.

Il ne faut pas nier le genre mais il y a un travail des parents à faire pour ne pas créer un clivage par exemple en offrant systématiquement des jouets typés aux enfant.

Également, il faut un travail dans les écoles et la on tombe sur ZE inertie par excellence. Les exemples que tu donnes pour l'orientation scolaire sont tout à fait vrai.

Bon et puis il faut pas oublier non plus tout les hommes qui sont actuellement en place de "dominateur" dans la société ou dans leur famille et qui, inconsciemment ou non, ont peur des femmes et ne veulent surtout pas qu'elles s'émancipent; ils savent que les femmes peuvent tout faire mais ils ne veulent surtout pas qu'elles le sachent.
Mais sur ce point, je ne me fais pas de soucis, la société patriarcale n'a jamais été une norme, il y a eu à travers l'histoire de nombreuses sociétés ou même courant spirituels ou la femme était au sommet de la hiérarchie.

4. Le mercredi, 18 avril 2012, 20:57 par MaKoTo

Tout à fait d'accord !
Côté éducation, ça me fait penser à ces anecdotes rigolotes qui ponctuent ma vie…
J'ai les cheveux long et un petit bouc.
La réaction immédiate de très jeunes enfants, que je croise est assez révélatrice de l'éducation qu'ils reçoivent, quoique ça ressemble parfois plus à du conditionnement.
Le gamin qui s'écrie « Oh c'est fille ! » à destination de ses parents, alors qu'il a très bien constaté que ce n'était pas le cas, mais qui semble déstabilisé par ce qu'il voit… souvent les parents, gêné à mon endroit, lui explique que « non, c'est un garçon »… mais il arrive que le gamin insiste, « bah non, c'est une fille ! », recherchant clairement dans les réponses qu'on lui donne, une preuve qu'il a bien affaire à un garçon, car celle qu'il détient pour le moment, c'est : cheveux long = fille.
Quand le parent courageux, décide d'aller au bout des choses à coup d'exception qui confirme la règle, le gamin accepte, mais s'étonne alors par des « pourquoi ? »
D'autres gamins, plus dubitatifs, posent d'abord la question sur le genre aux parents…
Et d'autres encore ne semblent pas faire de cas.

Voilà bien une preuve que la société véhicule des stéréotypes très forts, des petites cases pour tout ranger…
Le problème, c'est que tout le monde n'y rentre pas, et quand c'est le cas, il faut savoir assumer les regards désapprobateur des bien pensants (jaloux qu'il sont devant tant de libertés affichées, eux qui ont peur d'être rejetés par « le groupe »)… Et quand les femmes voudraient fréquenter les cases « réservées aux hommes », toutes n'y arrivent pas, car il faut oser et assumer.
Elles peuvent remercier leurs parents, mais surtout leurs nourrices, assistantes maternelles et maitresse d'école, qui sont parmi les premiers à leurs apprendre la vie en société.
Ainsi donc, l'initiative des Suédois est très séduisantes pour aider au changement.

5. Le jeudi, 19 avril 2012, 16:23 par Samael

> J'ai les cheveux long et un petit bouc.

Idem ^^ Donc je connais les réactions.
J'ai de plus un look non conformiste qui m'attire le regards des gens mais, tout comme toi je suppose, je m'en bats les gonades.
Clairement j'assimille juste ça à de la jalousie de la part de tout ceux qui suivent un dictat de la société, des magazines et des médias au lieu d'essayer d'être ce qu'il sont.
Je n'ai jamais cherché à être en opposition à quoi que soit c'est juste la masse des abrutis qui se liguent contre ce(ux) qu'il(s) ne comprenne(nt) pas.

Pour moi le meilleur conseil qu'on puisse donner à un enfant c'est : "Deviens toi-même"

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